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Extorsion : l’arnaque à la Brigade des mineurs refait surface

Une tentative d’escroquerie s’appuyant sur des accusations de pédophilie et jouant sur la peur du gendarme circule à nouveau activement. Polymorphe, elle vise à délester les internautes paniqués de centaines voire de milliers d’euros.

Parmi les tentatives de phishing, cette technique qui consiste à usurper l’identité des impôts, de la Caf, de votre banque ou de tout autre organisme institutionnel ou officiel, celle consistant à jouer sur la peur du gendarme refait surface depuis plusieurs semaines.

Tout commence par un mail expéditif : « En application des dispositions de l’article 390-1, veuillez prendre connaissance de la COPJ ou convocation vous concernant. » En pièce jointe (voir encadré) figure une convocation à en-tête du ministère de l’Intérieur et frappée du logo de la police judiciaire proférant de graves accusations : « Nous engageons à votre encontre des poursuites judiciaires peu après une saisie informatique de la Cyber-infiltration pour : pédopornographie, pédophilie, exhibitionnisme, cyberpornographie, trafic sexuel. » L’argumentaire se poursuit de manière très détaillée : « Les photos/vidéos dénudées de vous que vous envoyez aux mineurs ont été enregistrées par notre cybergendarme et constituent les preuves de vos infractions. »

L’internaute visé est alors prié de se justifier en répondant au mail afin que ses argumentations « soient mises en examen et vérifiées afin d’évaluer les sanctions ». Un compte à rebours est par ailleurs lancé : il dispose de 72 heures pour s’exécuter. Et s’il ne réagit pas dans les temps ? Un mandat d’arrêt sera lancé à son encontre et il sera fiché au registre national des délinquants sexuels. « Dans ce cas, votre dossier sera également transmis aux associations de lutte contre la pédophilie et aux médias pour publication de personne fichée au RNDS (sic !) ».

Une escroquerie en mauvaise et due forme

Si par peur ou mauvaise conscience, l’internaute répond, il est alors invité à régler une amende pouvant aller jusqu’à 18 000 € ! Le tout par le biais d’un transfert d’argent ou de coupons PCS, des recharges disponibles dans les bureaux de tabac, qui permettent aux escrocs d’encaisser le fruit de leur méfait sans retour en arrière possible pour la personne abusée.

Cette tentative d’escroquerie qui circule depuis des mois refait surface. Cybermalveillance.gouv.fr alertait déjà en décembre 2020 de la propagation du même type de mails arborant, selon les cas, l’en-tête de la police judiciaire ou de la gendarmerie nationale.

La version reçue par Que Choisir est un mélange des genres avec une visée bien plus large puisqu’elle cible aussi bien les internautes français que belges. Ce qui a même obligé la police fédérale du plat pays à publier une mise en garde afin que les personnes visées ne tombent pas dans le panneau.

Le document reçu mêle à la fois les noms de vrais responsables locaux des deux pays, un logo (très déformé) du ministère de l’Intérieur et arbore aussi un tampon plus vrai que nature de la Direction interdépartementale de la police aux frontières (!). Un mélange des genres qui alertera les destinataires les plus méfiants.

Pour les autres, « ne paniquez pas ! » conseille Cybermalveillance. « En effet, vous n’avez sans doute rien de réellement compromettant à vous reprocher. Par ailleurs, la consultation de sites pornographiques, dans le respect de la loi, n’est pas répréhensible. » Les bons réflexes à avoir ? Ne surtout pas répondre au mail et signaler cette tentative d’arnaque sur le site officiel Internet-signalement.gouv.fr.

Les internautes pris au piège, eux, devront déposer plainte auprès des forces de l’ordre ou auprès du procureur de la République de leur tribunal judiciaire. Pour se faire aider, ils peuvent contacter Info Escroqueries au 0 805 805 817 (appel et service gratuits).

La fausse convocation envoyée par mail

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