UFC QUE CHOISIR DE LA HAUTE VIENNE

Actualités, Transport

Voitures hybrides : savoir en profiter

Selon leur technologie, les véhicules mi-électriques, mi-thermiques n’offrent pas les mêmes avantages. Pour en tirer parti tant sur le plan environnemental que financier, mieux vaut connaître leurs spécificités.

Depuis les années 2000 et l’apparition de la Toyota Prius en France, les voitures hybrides occupent de plus en plus le terrain. D’après le Comité des constructeurs français d’automobiles (CCFA), elles représentaient 11,3 % de part de marché sur les six premiers mois de 2020. Un volume en très nette progression par rapport à la même période l’an dernier, qui s’établissait alors à seulement 5 %. Il est vrai que les constructeurs ont étoffé leur catalogue et qu’une grande majorité d’entre eux propose désormais au moins un véhicule de ce type. Toutes solutions confondues, on dénombre aujourd’hui une petite centaine de modèles, des citadines (telles les Renault Clio E-Tech Hybride ou Toyota Yaris Hybride) aux sportives (comme les BMW i8 Roadster et Porsche Panamera Turbo S E-Hybrid). Il en existe pour tous les goûts et tous les budgets !

À l’achat, une hybride coûte plus cher qu’une auto à moteur thermique, jusqu’à plusieurs milliers d’euros de plus à verser pour les plus sophistiquées. Toutefois, les ventes en fin d’année devraient continuer à croître grâce aux aides financières. Vous pouvez, en effet, bénéficier d’un bonus écologique de 2 000 € pour l’acquisition d’une hybride rechargeable neuve, sous réserve qu’elle produise moins de 50 g de CO2/km, que son prix n’excède pas 50 000 € et que son autonomie dépasse 50 km en mode électrique. Il vous est également possible de toucher, depuis juin, une prime à la conversion de 2 500 € ou 5 000 € sous condition de revenus, si vous mettez au rebut un véhicule classé Crit’Air 3 ou plus (soit les essence immatriculés avant 2006 et les diesel d’avant 2011). En outre, concernant la taxe de la carte grise, certaines régions proposent une réduction de moitié, voire une exonération totale, donc une économie supplémentaire de plusieurs centaines d’euros.

Moins de frais à l’usage

L’hybride permet aussi de réduire ses dépenses. Ainsi, en fonction de la technologie embarquée, vous économisez jusqu’à 40 % de carburant en ville – ou vous n’en consommez plus s’il s’agit d’un modèle rechargeable capable d’évoluer en mode 100 % électrique. Une solution avantageuse, car vous ne déboursez que de 0,75 € à 2 €, selon le tarif de l’électricité en vigueur, pour un « plein » avec lequel vous parcourez environ 50 km. C’est cinq à six fois moins cher qu’avec un moteur thermique à essence. Nous vous conseillons donc d’optimiser vos trajets (conduite douce, éviter les voies rapides…) pour utiliser au minimum ce dernier et rentabiliser le surcoût que représente une hybride.

De même, il est judicieux de profiter du système de récupération d’énergie au freinage : lorsque la voiture ralentit (levée de pied de l’accélérateur…), les batteries se rechargent gratuitement – et, au passage, cela soulage les freins. Moins sollicités, disques et plaquettes durent alors plus longtemps. Ajoutons que les recharges à répétition sur la route vous font gagner quelques kilomètres d’autonomie. Bien sûr, tous les atouts liés à ce système sont surtout perceptibles quand vous roulez en zones urbaines et périurbaines ou que vous couvrez de courtes distances. Son intérêt est limité, voire nul, sur autoroute ou pour de longs déplacements à une vitesse stabilisée.

Hybride, vous avez dit hybride ?

En fonction de l’hybridation, les gains de consommation varient et vous faites de plus ou moins grandes économies. Une voiture hybride associe un moteur thermique, à essence ou diesel, à au moins un moteur électrique. Si la sémantique semble claire, les appellations commerciales des constructeurs sont plus floues et créent parfois la confusion. Il existe quatre solutions d’hybridation, et seules deux permettent de rouler, plus ou moins longtemps, en mode électrique. Selon votre usage, il sera judicieux d’opter pour tel système plutôt que tel autre.

Les micro-hybrides

Cette technologie est la plus simple à mettre en œuvre. Il s’agit de greffer un alterno-démarreur (un « gros » alternateur de 3 kW utilisé pour recharger la batterie et lancer le moteur). Celui-ci assure exclusivement la fonction Stop & Start : le moteur thermique se coupe à l’arrêt et redémarre automatiquement lorsque le conducteur lâche le pied du frein.

Les micro-hybrides

Conseil de Que Choisir : pour obtenir plus de confort et éviter de trop solliciter le système, désactivez-le dans les embouteillages.
+ Pas de surcoût et une consommation légèrement réduite (de 10 %).
Utile uniquement en ville.
Pour qui ? Le citadin.

Les Mild-Hybrid

(hybrides légères ou mHEV, mild Hybrid Electric Vehicle)

À l’instar des micro-hybrides, ici aussi, il n’y a pas d’entraînement des roues via le moteur électrique : c’est le rôle exclusif du moteur thermique. Le mild-hybrid constitue une évolution du Stop & Start. On y a ajouté un alterno-démarreur plus puissant (de 10 à 30 kW) et un système de récupération de l’énergie à la décélération, qui recharge une batterie spécifique (en plus de celle d’origine). Grâce à cette dernière, l’alterno-démarreur peut, lors des phases d’accélération, venir assister le moteur thermique, qui devra alors fournir moins d’effort (et consommera donc moins). Certaines voitures mettent en œuvre un second réseau électrique, plus puissant, sous 24 ou 48 V. Reconverti en 12 V, ce courant alimente ensuite le réseau traditionnel du véhicule. Avantage ? La batterie, moins sollicitée, nécessite moins de phases de charge en roulant. À la clé, des économies de carburant (le recours au moteur thermique est moindre). L’utilisation du 48 V permet aussi d’intégrer, par exemple, un compresseur électrique (eBooster), qui procure une suralimentation avant que le turbocompresseur principal ne prenne la relève. L’objectif est de limiter la puissance du moteur thermique tout en disposant de bonnes performances.

Les Mild-Hybrid

Conseil de Que Choisir anticipez les arrêts et levez le pied de l’accélérateur au plus tôt pour profiter du système de récupération d’énergie, qui rechargera la batterie.
Une baisse de consommation de 15 à 20 % et un usage plus agréable.
– Aucun mode 100 % électrique.
Pour qui ? Le périurbain.

Les full hybrid

(Hybrides totales ou HEV, Hybrid Electric Vehicle)

Il s’agit du premier vrai système hybride au sens littéral du terme : un moteur thermique associé à un autre, électrique, vont, chacun leur tour ou en simultané, entraîner les roues. Ce niveau d’hybridation plus sophistiqué reprend, bien sûr, les fonctionnalités proposées par les autres dispositifs, à savoir le Stop & Start et le système de récupération d’énergie au freinage, auxquels s’ajoute une possibilité de rouler en mode 100 % électrique. Son autonomie est toutefois limitée à quelques kilomètres, faute de disposer d’une capacité de batterie suffisante (elle est généralement comprise entre 1 et 3 kWh). Ainsi, lors des premiers tours de roues, c’est le moteur électrique qui officie, jusqu’à une certaine vitesse (50 km/h environ) et sur une très courte distance : quelques kilomètres seulement. Pendant cette phase, aucun carburant n’est nécessaire, mais si la charge de la batterie s’avère insuffisante, seul le départ de la voiture se fera en mode électrique, non le roulage. De même, dès que la vitesse augmente, le moteur thermique prend le relais. Sur la route, lorsque l’on a besoin d’un court instant de puissance (accélération pour un dépassement ou en côte, par exemple), les deux moteurs fonctionnent ensemble. Ainsi aidé par l’électrique, le thermique consomme moins. L’économie est plus importante en ville et peut atteindre jusqu’à 40 %. Sur des trajets mixtes combinant zones urbaines et voies rapides, le gain se situe entre 15 et 20 %.

Les full hybrid

Conseil de Que Choisir : ayez le pied léger au démarrage pour profiter au maximum de l’entraînement 100 % électrique et économiser davantage de carburant en ville.
Une nette baisse de la consommation en zone urbaine, un gain en performance et un agrément moteur.
– Un mode 100 % électrique très limité.
Pour qui ? Le citadin et le périurbain.

Les hybrides rechargeables

(PHEV, Plug-in Hybrid Electric Vehicle)

Voici le trait d’union entre la voiture classique et le véhicule électrique. Certes, il s’agit du dispositif qui offre le plus de performances et de confort, mais il coûte cher. Son intérêt ? Des fonctionnalités identiques à celles offertes par l’hybridation totale et la possibilité de rouler en mode 100 % électrique sur 50 à 60 km. Pour cela, les PHEV disposent de batteries plus robustes (de 7 à 15 kWh) et d’un, voire plusieurs, moteur(s) électrique(s) plus puissant(s). Ce sont, par conséquent, des modèles destinés à un usage quotidien sur un parcours qui favorise l’autonomie (roulez au maximum en électrique, sans utiliser de carburant), à condition de pouvoir facilement les brancher sur secteur pour recharger leurs batteries. Cela dit, pas de stress ! Le moteur thermique prendra le relais dès qu’elles seront vides. Et chaque kilomètre ainsi parcouru les « regonflera », afin de leur rendre un peu d’autonomie en mode électrique. Si vous conduisez en 100 % électrique, vous ne consommez pas de carburant et votre facture peut diminuer de 20 %.

Les full hybrid

Conseil de Que Choisir servez-vous le plus souvent possible de la motorisation électrique pour amortir le surcoût à l’achat et profitez au mieux de la récupération d’énergie au freinage.
Une autonomie en mode 100 % électrique, une recharge sur secteur rapide et un éventuel mode 4 x 4.
– Un prix d’achat élevé, un poids trop important et un volume de coffre parfois réduit.
Pour qui ? Le citadin, le périurbain et le petit rouleur.

Le partage, est utile pour tous